La Solitaire du Figaro : « Prendre les étapes les unes après les autres »

Publié le par Xavier Macaire

La Solitaire du Figaro est indiscutablement une épreuve à part. Une épreuve où l’engagement et le dépassement de soi sont primordiaux et où le niveau technique de la flotte est inégalé. Voilà précisément ce qui attire Xavier Macaire. Déjà monté à deux reprises sur le podium de cette course (et passé tout près de la victoire en 2015), le skipper de Groupe SNEF sait, aujourd’hui, pertinemment de quoi il est capable. Pour question, pour autant, de se mettre trop de pression sur les épaules. Fort de sept années d’expérience sur la plus exigeantes des courses en solitaire et à armes égales, le navigateur est conscient que la meilleure façon d’aborder la compétition, pour lui, est de prendre les étapes les unes après les autres. Car comme il le dit lui-même, c’est la somme de petites réussites qui fait le succès à l’arrivée.

La Solitaire du Figaro : « Prendre les étapes les unes après les autres »

Xavier, que représente la Solitaire du Figaro pour vous ?

« C’est une course vraiment mythique, une épreuve très importante. Depuis sept ans, elle est « mon gros évènement » de l’année. Quand j’y ai participé, les premières fois, j’étais plutôt « fan » des skippers qui terminaient sur le podium, comme Corentin Douguet ou Fred Duthil, par exemple. A l’époque, ces gens-là étaient vraiment des stars, pour moi. En 2013, lorsque j’ai réussi à finir deuxième, je ne m’y attendais pas vraiment. Forcément, ça a été une belle réussite. Presque un accomplissement. A ce moment-là, j’ai commencé à prendre conscience que je pouvais oser penser à la première place. L’année suivante, en 2014, j’ai malheureusement réalisé une contre-performance (17e, ndlr). Je m’étais mis un peu trop de pression sur les épaules. De plus, je n’étais pas trop dedans mentalement, la faute à différentes petites contrariétés rencontrées dans mon projet sportif. En 2015, en revanche, tout a bien concordé et si je n’avais pas connu le petit problème que j’ai eu (le skipper était passé du mauvais côté d'une bouée, empiétant du coup sur une zone strictement interdite à la navigation, en bordure de la centrale nucléaire de Paluel, sur le littoral normand. Il avait ainsi écopé d’une pénalité alors qu’il avait dominé la course de la tête et des épaules, ndlr), j’aurais atteint mon objectif de gagner. Cela a toutefois confirmé mes capacités dans le domaine de la course au large, mais aussi le fait qu’il s’agit, pour moi, véritablement, d’une passion. Cette année, j’essaie de ne pas me mettre la pression car je sais que ce n’est pas la démarche qui me réussit. Je sais ce dont je suis capable, mais je vais me contenter de prendre les choses les unes après les autres. On sait tous que chaque étape est importante : le départ, la première nuit en mer, la deuxième, les derniers milles… Chacune d’entre-elles doit être une réussite et c’est la somme de ces petites réussites qui peut en faire une grande à l’arrivée. Je vais donc aborder les choses au jour le jour. »

Quelle est la part du mental dans une telle course ?

« Elle est déterminante. Le mental est vraiment important car c’est lui qui permet de se surpasser dans le manque de sommeil, dans l’effort que l’on va produire. Quand le vent et la mer sont difficiles, c’est lui qui prend le dessus sur les capacités physiques et, au bout du compte, c’est lui qui fait la différence. Pour participer à une course telle que la Solitaire, et pour la gagner de surcroît, il faut vraiment être mort de faim, avoir une gniac énorme. Si on y va pour la balade, on ne fera jamais rien c’est certain, mis à part subir. »

Quelles sont les éditions qui vous ont le plus marqué (courues ou non) ?

« Celles que j’ai disputées m’ont toutes marqué assez fortement, et pour des raisons différentes. La première, parce que j’y suis allé un peu au culot, avec très peu de moyens, et que j’étais très heureux d’être au départ. La deuxième parce qu’il s’agissait d’un nouveau projet, celui de porter les valeurs du département de l’Hérault. La troisième parce que je suis monté sur le podium et que c’était quelque chose d’incroyable pour moi. La quatrième parce qu’elle a été marquée par une contre-performance. La suivante, à cause de la déception de ne pas avoir gagné alors que je le méritais largement... Clairement, chaque Solitaire est unique et aucune d’entre-elles ne peut laisser indifférent. »

Quel regard portez-vous sur cette édition 2017 ?

« Comme à chaque fois, je suis impressionné par le niveau de la concurrence, par tous les skippers présents dont les palmarès sont incroyables. Mais il n’y a pas que les vieux loups de mer, il y a aussi les jeunes qui poussent, des gens hyper travailleurs au talent fou qui viennent pour se faire une place parmi les meilleurs. Au total, nous sommes une vingtaine de coureurs à être là pour la gagne. A chaque fois, j’appréhende un peu, forcément. Mais c’est aussi ce qui fait que j’ai envie d’y aller car plus la victoire est dure à atteindre, plus elle est belle. C’est indiscutablement ce qui m’attire dans cette course. Ce qui fait que j’ai envie d’y aller à fond et de réussir. J’ai, aujourd’hui, l’expérience de sept participations à l’épreuve. Je vais tâcher de me servir de ce vécu pour éviter les pièges. »

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